Le développement de l'Internet en France
Un outil de communication non identifié
Le nouveau média tisse sa toile
De nouvelles perspectives politiques
Les politiques mises en oeuvre pour développer Internet
Une reconnection des désenchantés de la politique
L'Internet entre en campagne dans la présidentielle de 2002
La pré-netcampagne
La net-campagne "officielle" des candidats
Les internautes entrent dans la campagne
L'"autre" netcampagne dans l'entre-deux-tours
Regards sur les Etats-Unis
2000: les débuts de l’Internet dans une présidentielle américaine
Les primaires 2003 et le « déclic » Howard Dean 
2004: l’ancrage de l’Internet dans la vie politique américaine
Contributions extérieures
Textes académiques
Témoignages
Sources
Bibliographie
Liens commentés
 

Les sites des partis et des candidats, plates-formes de la campagne

D’après Coleman, les partis traditionnels craignent l’absence de contrôle sur les informations diffusées sur Internet et continuent à ce titre à centrer leur publicité sur le média télévisuel. L’Internet reste cependant essentiel ; les 18-24 ans le considèrent comme le média-clef en matière d’information, y compris de l’information politique. Ceci laisse présager le recul de la bipolarisation des sites américains, et laisse espérer la création de sites généralistes, moins marqués politiquement.

De nombreux sites officiels ou non officiels ont donc été créés pour soutenir ou critiquer les deux candidats de la présidentielle.Les sites officiels des républicains et des démocrates, www.georgebush.com et www.johnkerry.com, ont diffusé des informations sous le contrôle des partis. Le site www.georgebush.com comptait déjà de nombreux visiteurs quotidiens dès le début de la campagne(1,4millions d’internautes quotidiens, travail et domicile confondus, en mai 2004), contre seulement 606 000 visiteurs pour le site du DNC (democratic national committee, www.democrats.org )en mai 2004.

Les sites www.gopteamleader.com et www.whitehouse.gov ont fait figure d’autres sites officiels du candidat Bush, et www.democrats.org pour le candidat Kerry. De nombreux autres sites ont rencontré un succès manifestes avec de fortes fréquentations malgré leur caractère non officiel. Ces sites étaient parfois généralistes comme www.grassroots.com, www.bushcountry.com ou http://compassionate.conservative.com  ; inspirés de convictions religieuses comme www.prayforbush.com; représentatifs de catégories de la population comme www.vets4bush.com.

Certains sites incitaient à l’achat d’articles de merchandising pour soutenir la campagne républicaine comme www.georgewbushstore.com.

Les principaux sites non officiels hostiles au candidat Bush ont été les suivants : moveon.org ; www.thetruthaboutgeorge.com , ou www.bushisms.com dans un ton plus humoristique.

www.moveon.org était le plus organisé et fréquenté ; financé par George Soros, ce site qui compte 3 millions d’adhérents est resté actif après la campagne. Il propose de nombreuses vidéos en ligne et des articles critiques à l’égard de la politique de George W Bush et du parti républicain.

Du coté démocrate, le site www.johnkerry.com se sépare en plusieurs rubriques aux finalités différentes : une rubrique informative générale sur le candidat, sa femme et l’adresse du blog officiel ; une rubrique informative précisant le programme du candidat « Plan for America », ainsi qu’une rubrique « Take Action » afin de partager les listes d’emails (Recruit Friends) et de recruter des militants actifs.(Volunteer Center). Dans un registre plus humoristique, le site www.kerryhatersforkerry.com rassemble les démocrates « kerrysceptiques ».Voici un extrait du forum de ce site :

Thursday, October 14

  JOIN US!

byKH4Kon October 14, 2004 11:31PM (EDT)

Are you going to vote for John Kerry even though you find him unpleasant, annoying, arrogant, waffling, misguided, or just generally unappealing in some profound way? Then you've come to the right place! We're Kerry Haters for Kerry -- perhaps his largest constituency! No need to hide in the Kerryhating closet anymore while you pretend to everyone that he'll be a great president. Here you are among friends. You can speak freely and honestly. You can admit: 'He's awful! And I'm for him!'

Each of us has his or her reasons for arriving at this position. Share yours here. Disaffected Republicans welcomed!

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Certains sites ont aussi présenté l’élection sur un mode ludique, en proposant à l’internaute de mener campagne virtuellement pour le candidat de son choix, comme le site www.worldvillage.com/games/campaign2004.html :

Presidential Election 2004 Game

How would you spend your presidential campaign's resources as the election approaches?

First, choose whether you want to run the Bush or Kerry campaign. You have $1 million to spend every day in any state, and you can decide where your candidate or his running mate will campaign. At the end of each day, you'll see where you stand.

Make the decisions and see if your candidate can win the White House!

Click the illustration below to start the campaign. If you're pressed for time, play the "Quick Game" with 14 days to go before the election. If you want to make the full run, click "Standard Game" and you'll have 60 days to win or lose votes.

This game brought to you by Clevermedia.com

 

De nombreux sites non officiels critiquent aussi le candidat démocrate comme www.keerycore.com, qui expose des montages photos et vidéo compromettants pour l’image de John Kerry pendant la campagne.

L’émergence de l’Internet nécessite un réajustement des messages politiques des candidats et des partis ; d’après Coleman, l’Internet est à l’origine d’une transition vers la « démocratie conversationnelle », qui se définit par un ajustement des messages politiques des partis à des messages de plus en plus locaux et précis, des besoins individuels. Sur la première page du site de George W Bush, pendant la campagne, l’internaute était ainsi invité à taper son code postal précis afin de mettre l’internaute en contact avec les représentants locaux du parti et d’adapter le message du parti aux besoins et aux situations des électeurs.

L’Internet a joué un rôle important d’influence pendant la campagne, notamment lors des scandales qui ont émaillé l’élection. Le film jetant le doute sur les médailles d’honneur de Kerry n’a été diffusé qu’une fois dans l’Ohio par le Swift Boat Veteran for Truth, mais le film a pu être visualisé par des millions d’internautes. Une situation similaire s’est appliquée dans le camp adverse ; l’association Texans for Truth  a diffusé sur Internet son film niant les allégations de George W Bush sur ses fait d’arme lors de la guerre du Vietnam.

La campagne 2004 a aussi été le cadre de l’explosion de sites d’indépendants dédiés à la vie politique et aux enjeux de la campagne. De nombreux passionnés de politique ont créé leur propre site pendant la campagne 2004, en l’actualisant chaque jour en postant sur le site des photos numériques ou des commentaires à chaud sur le « campaign trail ». Ainsi, Justin Walker, étudiant démocrate à Duke University, a régulièrement actualisé son site tout au long de la campagne afin de partager son expérience avec les étudiants de Duke. Voici le bilan de son expérience, relatée sur le site www.dukenews.duke.edu/news/campaign:

 

Justin Walker's Campaign Diary

 
Campaign Diary Home

  The Best (and Worst) from the Campaign Trail

The Best (and Worst) from the Campaign Trail

Date: Sunday, February 15, 2004
Location: Milwaukee, Wisconsin

After driving 10,000 miles, I offer the following review of life on the road.

Number of campaign events: 57

Number of campaign events to start late: 55

Number of people interviewed: 358

Favorite state: Iowa.

Coldest state: New Hampshire.

In-car snack of choice: Raw pasta.

Drive-through restaurant of choice: Steak 'N Shake.

Typical food schedule: 1) skip breakfast, not hungry; 2) skip lunch, no time; 3) fast-food dinner, 10 p.m.

Travel devices that in some way broke or were replaced: cell-phone, fuzz buster, GPS, Blackberry, watch, laptop's internet, camera's flash, car's brakes.

Favorite random tourist stop: Appomattox Court House, between Clark and Kerry rallies.

Worst random tourist stop: The National Czech and Slovak Museum and Library, which my friend Tyler and I toured after an Edwards rally there. (FYI: Czech and Slovak history, not pleasant! Too many tsars and fuhrers.)

Worst question I've asked a candidate: "Senator Lieberman, can you feel the 'Joe-mentum?" (He could.)

Most repeated acronym used by voters I interview: "ABB!" (The Valley-Girl-sounding acronym stands for Anybody But Bush, as popularized by DNC Chair Terry McAuliffe's "ABB" button.)

Most repeated campaign song: John Cougar Mellencamp's "Our Time is Now." (Edwards gives the same speech at every rally and plays the same song. His press corps claims they can recite the speech verbatim. They can also sing a mean Mellencamp.)

Best endorsement: Jim Rassmann's endorsement of John Kerry. Kerry saved Rassmann's life in Vietnam.

Worst endorsement: Michael Bolton's endorsement of Dick Gephardt, who waits awkwardly off-stage during a rousing rendition of "Go the Distance" from Disney's Hercules.

Most banal name for a campaign bus: The Real Deal Express. (John Kerry)

Most sanctimonious name for a campaign bus: Independence, Integrity. (Joe Lieberman)

My favorite candidate: Dennis Kucinich, for his compassion and his sincerity.

My favorite campaign staff: Dennis Kucinich's, whose staffers offer me hugs, not handshakes.

My favorite "the candidate is late" stalling tactic: Open-mike night with peace-song-singing Kucinich supporters at a bingo hall in Davenport.

My favorite campaign moment: Walking to the polls with John Kerry.

My biggest success after 10,000 miles: Zero speeding tickets.

My biggest mistake after 10,000 miles: I close an Elizabeth Edwards interview with, "Thank you for your time, Mrs. Kerry."

 

Le blogging renforce l'implication des internautes dans la campagne

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